Lélevage de taureaux de corrida est certainement un des derniers type délevage extensif entièrement traditionnel et écologique, ce que devraient savoir et apprécier divers détracteurs. |
Sur de grandes propriétés souvent
uniquement consacrées à lui et à sa nourriture, perdure tout
un écosystème et un environnement bien particulier, presque à
létat naturel. Celui-ci ne tarderait pas à disparaître
avec dautres types d'élevages ou de cultures intensives et
ouvrirais tout grand la porte à l'érosion et à la désertification
de certaines provinces ibériques.
En quinze ans deux milles Km² de terres ont sacrifiés sur
l'autel du profit.
Les terres originelles, trés fertiles, des vallées fluviales ayant été peu à peu conquises par l'agriculture, le type classique actuel de la "terre à taureau" est la dehesa. C'est un terrain de pâture vallonné ou semi-montagneux sur lequel poussent, épars, des chênes vert ou des chênes lièges.
L'élevage de taureaux braves
occupe en Espagne quatre cents mille hectares de terre pour plus
de mille ganaderías.
Suivant les régions, la géographie
des lieux et la richesse des pâturages, le taureau ne l'oublions
pas est un ruminant, a besoin pour pâturer de un à dix hectares
de terre, nous sommes donc loin des usines à bétail.
En ces temps de vache folle, on
na jusqu'à ce jour, dénombré aucun cas dencéphalopathie
spongiforme bovine parmi le bétail brave et ceci dans quelque
pays que ce soit.
Peut être est ce du à ce type
ancestral délevage ?
Le taureaux de combat
demande donc beaucoup d'espace, de prairies et de l'eau, un
animal en consomme entre trente et cinquantes litres par jour.
Les fincas, ces immenses propriétés foncières, où est
élevé le bétail brave, sont séparées en divers enclos par
des murets de pierres, des barrières de bois ou de figuiers de
Barbarie, les cercados, y vivent en semi-liberté:
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...........Leur dénomination selon l'âge est:
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Il faudra ainsi au ganadero,
pour pouvoir présenter six ou sept courses, entretenir plus de
cinq cents têtes de bétail.
Environ 15% des taureaux seront impropres à la lidia, beaucoup
plus, jusqu'à la moitié, parmi les encastes "nerveux",
par maladie, blessures, cornes cassées, morts violentes lors de
bagarres entre animaux.
La nature querelleuse de ce type de bovidé
fait que ces animaux se chamaillent souvent , ce qui accroît
leur sens du combat, dans de fréquentes peleas ou il est
impossible à l'homme d'intervenir pour les séparer.
Ces luttes parfois mortelles ont souvent
pour cause la prédominance du troupeau, elles sont sans fin car
il y en aura toujours un animal pour vouloir être le calife à
la place du calife (surtout du côté de Cordoue)...
Ce qui n'est pas sans poser des problèmes
de rentabilité mais est dans la nature même du taureau brave et
ne peut que develloper son instinct combatif.
L'élevage de bétail brave n'est pas
pour l'immense majorité des éleveurs une activité rentable.
Elle est surtout et avant tout une passion et un luxe dispendieux
qui confère au ganadero une originalité et une renommée sans
égards, ou quelquefois une honte indicible.
Car même si un ganadero a élevé un bicho de rêve, à
la caste et à la bravoure certaine, s'il ne termine pas, quelle
qu'en en soit la raison, sa vie dans un coso, ces
magnifiques animaux aurons toutes les "chances"
d'aboutir en steack haché dans votre assiette.
Dans bien des cas l'élevage est géré par le mayoral, le conocedor en Andalousie, chef des "bouviers", qui a toute la confiance du propriétaire et qui peut aussi jouer le rôle de régisseur de la propriété.
La naissance.
Après une gestation moyenne
de neuf mois, en fin d'hiver début de printemps, entre février
et avril, la vache brave mettra bas son petit dans un endroit
isolé du cercado où elle vit avec ses soeurs demi-soeurs
et cousines.
D'ordinaire, pour ce faire, la vache se
couche, mais si elle sent autour d'elle une présence inopportune
elle pourra donner naissance debout.
Elle le fera loin du regard des
hommes, pour ne pas laisser de traces et pour éviter les prédateurs
elle consommera son placenta.
Malgré toutes ces ruses après la
parturition le mayoral aura tôt fait de repérer la nouvelle
naissance et s'empressera de vérifier si le nouveau venu est un macho
ou une femelle.
La vache brave a un instinct
maternel supérieurement développé et défendra bec et
ongle son rejeton qui fera avec elle son apprentissage de
la vie. Aussitôt né le jeune veau tente de se lever pour aller téter sa mère puis sombrera ensuite dans le sommeil colostral. Un mois après nous le retrouverons en train de jouer avec ses compagnons et il chargera déjà tout ce qui l'importune. |
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Comparativement aux autres bovidés la
vache brave produit peu de lait et l'alimentation des petits dépendra,
pendant les premières semaines, uniquement de la mère, ce qui
dans certains cas de malnutrition peut être préjudiciable au développement
futur du nouveau né.
Vers un mois et demi, l'appareil digestif du
jeune veau s'étant suffisamment développé, il commencera peu
à peu à brouter et à boire de l'eau, au fur et à mesure de sa
demande nutritionnelle et à la moindre quantité de lait produit
par la mère.
La monte commence en début de printemps vers le début avril. Les vaches ont des chaleurs qui durent quarante huit heures et réaparaissent toutes les trois semaines, elles sont couvertes dès trois ans et ceci jusqu'à environ l'age de quinze ans.
Une vache mettra bas dans toute sa vie
une douzaine de petits, ce qui compte tenu de la prépondérance
naturelle des femelles donnera environ cinq veaux mâles. Avec
tous les aléas inhérents à ce type de bétail semi-sauvage, le
taux de fécondation varie de soixante à quatre vingt cinq pour
cent, mais un taux élevé d'avortement peut atteindre trente
pour cent.
Le résultat se soldera par environ trois ou quatre machos
susceptibles dêtre vendus.
Après un velage les chaleurs reprendrons deux à tois mois après.
L'insémination artificielle
à laquelle ont recours depuis des générations les éleveurs de
bovins laitiers ou à viande est peu pratiquée et semble donner
des résultats médiocres, moins de quarante pour cent de fécondations.
Si l'on peut assez facilement recueillir la
semence des reproducteurs par éléctro-éjaculation, l'insémination
des vaches pose beaucoup plus de problèmes, et l'état de stress
auquel elles sont soumises lors de cette opération aboutit peu
souvent à la fécondation de l'ovule.
Des traitements hormonaux ont été mis en place pour tenter de
contrecarrer cet état de fait.
Le sevrage et l'ahijado.
Vers huit ou neuf mois l'animal sera sevré, c'est à dire séparé de sa mère, c'est le destete, puis viendra l'épreuve très traumatisante du marquage, le herradero, ces deux opérations selon les élevages, pouvant avoir lieu simultanément.
Le sevrage se fait quand la lactation est
terminée mais en tout cas avant que les petits n'épuisent leurs
mères et qu'ils ne soient trop forts au risque de blesser le
personnel lors de ces manoeuvres.
Après le sevrage la prairie résonnera des beuglements des mères
séparées de leurs petits et ceci jusqu'à que cessent les
douleurs de leurs glandes mammaires.
Lors de ce premier vrai contact avec l'homme, veaux et génisses seront vaccinés, puis on leur ôtera lors de l'ahijado ou du herradero l'étiquette d'identification qui aura été agrafée à l'oreille dans les dix jours qui ont suivi la naissance.
L'ahijado consiste à séparer brièvement de la mère le jeune veau qui ensuite s'élancera vers elle et prouvera ainsi sa filiation ce qui sera soigneusement noté si doute il y avait.
Ces oreilles seront marquées
par une découpe particulière à l'éleveur, le señal, l'opération
s'appelle fañar.
La pratique du marquage aux oreilles est actuellement résevée
au seuls mâles, les femelles, selon une directive européenne
devant conserver ces inésthétiques papillons jaunes.
Ces marques sont nombreuses et permettent de par leur combinaison
une infinité de possibilités.
Certaines découpes identiques portent des noms différents, par
exemple:
zarcillo est la même que arrancada; tronza
que media oreja; rajada que hendida...
Voir le señal
L'habitude, ou l'obligation,
de marquer les animaux est très ancienne.
En 1273 Alfonso X, el Sabio, souverain du royaume
d'Aragon institue une des premières organisation d'éleveurs de
bétail. Cette mesta disposait d'archives, d'une
administration de justice propre, elle différenciait avec un
système de marquage perfectionné, les animaux par des marques
au feu sur les flancs et une découpe particulière des pavillons.
Le herradero.
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Le herradero consiste à
marquer au fer, chaud mais jamais rouge, sur un flanc de
l'animal, généralement le droit, les différents
marquages qui lui seront propres. Quelques éleveurs
marquent les mâles a gauche et les femelles à droite ou
inversement, d'autres alternent une année d'un côté
l'année suivante de l'autre. Certains ganaderos moins traditionalistes
utilisent aujourd'hui de l'azote liquide. Le froid
intense produit par l'azote liquide détruit la mélanine
qui est le pigment qui colore le poil, le pelage ou la
peau ne sont donc pas brûlés, mais bien évidemment ce
procédé ne peut s'appliquer qu'aux animaux à la peau
foncée. |
Cette opération peut se faire classiquement par renversement et maintient au sol du veau dans un enclos de la propriété ou bien par son immobilisation dans un cajón, sorte de caisse de contention qui empêche les animaux de bouger.
Sur les côtes ont appliquera son numéro
d'identification
sur la cuisse le dernier chiffre de son année de naissance, le
guarismo,
ensuite sur la hanche le fer de la ganadería
et enfin la marque de l'association à laquelle est affiliée l'élevage,
U pour la U.C.T.L,
A pour l'Asociación de Ganaderías, E
pour l'Agrupacion et L pour les Ganaderos Unidos, F
pour les animaux inscrits à l'association française.
Ces divers marquages sont propres à chaque
ganadería.
Pour voir le tableau des marquages:Cliquez ici |
Le bout de la queue, par souci esthétique, sera raccourci au ras de la dernière vertèbre pour permettre une repousse plus touffue.
Le fer de l'élevage ainsi que le señal et les couleurs de la devise sont la propriété du ganadero qui s'il n'en hérite pas, ou n'achète pas un fer libre de droits, doit entamer toute une procédure avant que son nouvel élevage ne soit homologué.
Tout ceci sera répertorié sur les très
officiels registres de l'éleveur ainsi que sur le "Libro
Génealógico de la Raza Bovina de Lidia", en présence
des autorités locales.
Seront mentionnés ,le nom de l'animal, sa date de naissance, son
sexe, la couleur de sa robe, ses particularités, son ascendance.
Ces jeunes mâles et femelles seront ensuite relâchés ensemble.
Le nom du taureau n'est pas donné par
hasard et suit des règles précises. Le ganadero nommera par
exemple Señor le fils de la vache Señora et le
second pourra se nommer Señorito. C'est généralement le nom de la mère au
masculin avec une variante.
Pour les vaches on les baptise souvent après
le tentadero en fonction de caractéristiques propres ou du
lignage de celles-ci.
A l'âge d'environ quatorze
mois ces becerros et becerras seront séparés, les femelles
pouvant être mère dès un an et demi.
Les éleveurs de taureaux de combat sont généralement affiliés à:
La Union de Criadorores de
Toros de lidia, l'organisme le
plus ancien fondé le 15 avril 1905 dans le but de faire contre-poids
au toréros - les temps ont bien changés - de défendre les intérêts
des ganaderos et de maintenir pures les castes de taureaux de
lidia. Ce syndicat regroupe prés de 325 élevages en Espagne au
Portugal et en France.
La seule Uníon founit plus de quatre vingt dix pour cent des
spectacles majeurs.
l'Asociacíon National de Ganaderos de Lidia. Cette
association de quatre cent dix neuf membres fondée en 1977
regroupe une grande partie des éleveurs n'ayant pu être admis
à la Unión et également aux nouveaux ganaderos ayant acheté
du bétail de la dite Unión, mais ne pouvant en faire partie
pour non pureté des castes.
Quand un ganadero n'appartenant pas
à la U.C.T.L. veut rejoindre cette élite il doit le
faire sur une base de bétail provenant de l'U.C.T.L
et ensuite faire ses preuves dans différentes novilladas et une
corrida de taureaux sans que aucune bête n'ai été sanctionnée
des banderilles noires.
Avec toutes ces contraintes l'U.C.T.L
détenait jusqu'à nos jours un quasi monopole sur la fiesta
brava, incompatible aux règles de libre concurrence de la
communauté européenne. Actuellement tout ganadero, peut faire
lidier dans n'importe quel type de spectacle ses animaux braves
à condition que ceux-ci soit inscrits au Registre Généalogique
de la Race Bovine de Lidia.
Adolfo Martín est des membre les plus
connus de cette association.
l'Agrupacíon
Española de Reses Bravas: crée
en 1983 et forte de deux cent vingt six élevages, le plus
prestigieux étant celui de Joaquín Nuñez del Cuvillo, ou enfin
aux:
Ganaderos
de Lidia Unidos: comptant
cent cinquante et un membres elle a été fondée en 1979.
Toutes ces organisations professionnelles ont bien évidement pour but de défendre les intérêts économiques de leurs membres, mais surtout de préserver la pureté des diverses races de taureaux de lidia ainsi que de maintenir les divers écosystèmes nécessaires à ce type d'élevage.
Les Espagnols ont été les
tous premiers à tenir à jour des registres sur la généalogie
des animaux et à faire une sélection et des croisements en vu
d'améliorer ou de conserver certaines de leurs caractéristiques
propres.